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Enquête "Oiseau"


- 6/10/2004 15:15:12 - MRW/DGRNE/OFFH Auteur: Jean-Paul Jacob/ Réalisation : Violaine FICHEFET

Introduction
Atlas des oiseaux nicheurs
Surveillance des espèces communes par points d’écoute
Objectif
Méthode
Collaborer?

Introduction

L’avifaune wallonne compte environ 360 espèces si l’on compte les espèces dont la venue est occasionnelle (migrateurs égarés) ; dans ce total, les nicheurs rassemblent au moins 165 espèces. Il s’y ajoute un petit nombre d’espèces introduites.

La connaissance et le suivi de ces espèces en période de nidification se fait en recourant principalement à deux modes de recherche :
- d’une part, l’Atlas des oiseaux nicheurs qui est la pierre angulaire de la connaissance de cette avifaune. Une telle enquête identifie toutes les espèces qui nichent et évalue leur abondance ;
- d’autre part, un système de surveillance continue qui permet de suivre l’évolution des espèces communes pendant et entre deux atlas (cad 20 ans) ; après l’Atlas en cours (2001-2005), ce système sera complété par le suivi d’espèces rares ou coloniales. Photo Colonie de Corbeau freux © Jean-Paul Jacob

Ce schéma d’inventaire se retrouve maintenant grosso modo à travers tout le continent. Il répond à des obligations en matière de suivi de l’état de l’environnement et au besoin de connaître l’évolution de l’avifaune. Celle-ci, grâce à l’ampleur des collaborations de terrain, constitue sans doute l’indicateur biologique le plus robuste et facile à mettre en oeuvre à grande échelle. Les résultats wallons sont intégrés dans des compilations continentales (atlas européen des oiseaux nicheurs, Euromonitoring pour les points d’écoute).

Les deux sous-projets présentés ici sont en cours (atlas depuis 2001, points d’écoute depuis 1990) mais il est possible de les rejoindre à tout moment.

Actuellement, les évolutions observées sont très contrastées. Une minorité d’espèces se répandent et/ou augmentent ; davantage connaissent une évolution négative. Ces tendances se marquent selon les cas à l’échelle de toute la Wallonie (par exemple, Traquet tarier), soit de manière différentielle entre régions. Dans ce cas, on note une évolution souvent plus défavorable en Moyenne Belgique que dans certaines parties de Haute Belgique (importance particulière de la Fagne-Famenne) avec des contrastes accentués par rapport à la situation décrite par l’atlas belge de 1973-78. La situation globale est préoccupante, en particulier au niveau des espèces des milieux ouverts (Alouette des champs par ex.), des migratrices (hirondelles par ex.) et de sédentaires exigeants (Gelinotte par ex.). Ces résultats sont, pour l’essentiel, semblables à ceux des régions voisines. Au niveau des espèces communes, les tendances mises en évidence par les points d’écoute confirment cette évolution.


Atlas des oiseaux nicheurs

Objectif

L’Atlas dresse l’état le plus précis possible de l’avifaune nidificatrice de Wallonie, y compris les exotiques en voie d’installation. Il met en évidence l’évolution de l’avifaune par comparaison avec les travaux antérieurs, principalement l’atlas national de 1973-1978 (voir résultats sur http://old.biodiversite.wallonie.be/atlasoiseaux). Il permettra de disposer d’une information détaillée en matière de conservation des espèces et de leurs habitats. Photo Pie-grièche écorcheur © Nicolas Titeux

Méthode

L’enquête procède à l’inventaire des espèces nicheuses, établit leur répartition et cherche à évaluer leur abondance. La description détaillée du projet et les indications techniques peuvent être consultées sur les sites www.aves.be et http://old.biodiversite.wallonie.be/atlasoiseaux.

  • Le maillage : L’inventaire s’effectue en travaillant sur une trame : les cartes de répartition et d’abondance seront présentées en fonction de celle-ci. Les "cartes atlas" correspondent aux nouvelles cartes topographiques de l’IGN (Institut Géographique National) au 1/10.000e. Ces cartes correspondent à des demi-cartes au 1/10.000e précédentes. Elles dessinent donc des rectangles de 5 km de haut x 8 km de long. Au total, 508 cartes sont concernées (certaines en partie seulement en Wallonie).
  • Espèces : Toute espèce nidificatrice est concernée (voir liste des 165 espèces (Annexe 1)), y compris des oiseaux introduits qui se reproduisent de plus en plus chez nous (Bernache du Canada, Ouette d’Egypte, Faisan vénéré, Perruche à collier, …).
  • Informations recherchées : De manière résumée, les inventaires sont modulés en fonction de la rareté relative des espèces : mode recensement pour les oiseaux rares, échantillonnages pour les plus répandus (voir liste en Annexe 2). A l’échelle de chaque « carte atlas », trois niveaux sont distingués :

    > Les espèces considérées comme "rares ou locales" (catégorie 1) sont recherchées sur le mode de recensement, avec localisation précise de leurs sites de nidification et établissement de la preuve de la reproduction : par exemple, Pie-grièche grise, Torcol, Traquet tarier, Pic cendré, ….

    > Les espèces globalement peu abondantes (catégorie 2) font l'objet d'estimation de leurs effectifs selon un système de classes d'abondance et la preuve de leur reproduction locale est recherchée car celle-ci n'est pas ou plus évidente partout : par exemple, Pic mar, Traquet pâtre, Bruant des roseaux, Pie-grièche écorcheur, Poule d'eau, ….

    > Les espèces considérées comme "les plus communes" (catégorie 3) font l'objet d'un échantillonnage afin de déterminer leur abondance. La preuve de la reproduction n'est par contre pas recherchée.

  • Indices et preuves de reproduction : Sauf pour les espèces communes (catégorie 3), au moins une preuve de reproduction par carte atlas est recherchée pour les autres espèces. L’échelle d’indices utilisée est celle mise au point par l’E.O.A.C. (European Ornithological Atlas Committee) il y a une trentaine d'années. Cette échelle est utilisée de manière presque générale par les atlas en Europe.
  • Indices et preuves de nidification

    0. Présence sans indice de reproduction (simple observation pendant la période de reproduction, estivants)

    1. Nicheur possible
    1.1. Observation de l’espèce dans un habitat favorable, pendant la période de reproduction.
    1.2. Observation en une occasion du chant ou de parades dans un habitat favorable, pendant la période de reproduction.

    2. Nicheur probable
    2.1. Observation d’un couple dans un habitat favorable, pendant la période de reproduction.
    2.2. Territoire présumé, en raison de l’observation de comportements territoriaux (combats, chant, …) à plus d’une semaine d’intervalle et au même endroit.
    2.3. Parade nuptiale (couple).
    2.4. Visite par l’oiseau d’un site de nid probable.
    2.5. Cris d’alarme des adultes ou autres comportements suggérant la présence d’un nid ou de jeunes.

    3. Nicheur certain
    3.1. Transport de matériel, construction de nid, creusement de loge chez certains cavernicoles.
    3.2. Adulte tentant de détourner l’attention en simulant une blessure ou par une parade de diversion.
    3.3. Découverte d’un nid ou de coquilles récentes.
    3.4. Jeunes récemment envolés (nidicoles), poussins en duvet (nidifuges).
    3.5. Adultes gagnant ou quittant un site de nid, dans ces circonstances indiquant qu’il est occupé.
    3.6. Adultes transportant de la nourriture pour les jeunes ou évacuant des fientes.
    3.7. Nid contenant des oeufs ; adulte couvant.
    3.8. Nid contenant des jeunes ou jeunes au nid entendus.

  • Quand chercher ?

    La période de nidification est longue. L'essentiel de la période de cantonnement et de reproduction couvre les mois de janvier à août. Elle varie selon les espèces (voir en Annexe 2 les meilleures périodes de recherche (pdf = 40 Ko)). Souvent, il y a deux époques utiles pour l'inventaire : le cantonnement et ses manifestations nuptiales qui permet le dénombrement des territoires, puis, après un temps de discrétion des adultes (couvaison), l'élevage des jeunes qui livre de nombreuses preuves de reproduction.

    Si l'hiver est doux, des rapaces nocturnes (Hulotte, Grand-duc), des sédentaires (pics, Pigeons colombins, Cassenoix, Gelinotte) et des nicheurs hâtifs (Beccroisé des sapins) se contactent dès janvier-février (plus tôt même pour la Hulotte). L'essentiel des inventaires s’étend de mars à la mi-juillet. La saison ne se termine pas avec l'extinction des chants: fin juin - début juillet est une époque propice à l'obtention de nombreuses preuves de reproduction. Les nichées de quelques espèces tardives (Bondrée, Faucon hobereau) ne s’envolent que fin juillet ou en août.

    Tous les oiseaux ne se détectent pas au même moment de la journée. Pour la plupart, il faut exploiter les 3-4 premières heures du jour. Le milieu de journée peut être mis à profit pour trouver des oiseaux d'eau, des rapaces, les hirondelles. Une partie des oiseaux redeviennent plus visibles et audibles en fin de journée. L'heure précédant le coucher du soleil et la nuit tombante sont de précieux moments, surtout s'il fait calme et doux, pour les gallinacés, la Bécasse, la Locustelle tachetée et bien sûr les "nocturnes" (Engoulevent, Hibou moyen-duc, Grand-duc, etc.).

    Collaborer ?

    La collaboration peut porter sur l’ensemble des espèces d’une carte Atlas (contacter la coordination) ou être ciblée sur certaines espèces mieux connues de l’observateur, par exemple des oiseaux coloniaux ou forestiers. Dans ce cas, les informations peuvent être transcrites en utilisant le formulaire proposé.

    Les données sont traitées de manière confidentielle dans les cas sensibles, par exemple pour les sites de nid de grands rapaces et échassiers.


    Surveillance des espèces communes par points d’écoute

    Objectif

    L'objectif est de dégager les tendances de l’évolution des populations wallonnes d’espèces répandues (50-70 espèces) et de remplir par conséquent la fonction de système d’alerte en cas de dégradation. Cet indicateur est utilisé par les rapports sur l’Etat de l’environnement wallon et intégré depuis 2003 dans un projet de suivi européen de l’avifaune. Photo Bruant jaune © Christine Keulen

    Il s’agit d’un système d’échantillonnage à long terme. Il faut en effet au moins dix ans de relevés pour que de réelles tendances puissent être montrées ; sur de plus courtes périodes, des événements ponctuels (par exemple un hiver très rude) peuvent masquer cette évolution. En Wallonie, le système est opérationnel depuis 1990. En 2002, une analyse indiquait 19 espèces en augmentation, 33 espèces en diminution et 26 espèces stables.

    Méthode

    Ce suivi consiste en "points d'écoute" de cinq minutes à répéter d'année en année dans des conditions les plus semblables possibles de date, heure (4-5 premières heures de la journée) et météo. Il s’agit de noter tous les contacts (oiseaux chanteurs ou non) avec des oiseaux au cours de 15 points de 5 minutes chacun. La méthode adoptée est d'application facile; elle concilie un apport informel élevé avec une observation méthodique. Photo Rouge-gorge © Christine Keulen

    Les points de 5’ sont répartis le long de "chaînes" ou « routes" de 15 points sur un parcours choisi par l’observateur. Il faut cependant respecter une distance minimale entre points, de manière à éviter des doubles comptages : 250m au moins en forêt et 400 en zone ouverte.

    A chacun des points, l'observateur dénombre toutes les espèces vues et/ou entendues et remplit la fiche d'enquête. Ce mode d'échantillonnage ne permet pas de recenser en 5 minutes toutes les espèces présentes en un point. Il convient donc, pour arriver à des résultats statistiquement significatifs, d'assurer une couverture suffisante, c'est-à-dire d'obtenir un nombre de points assez élevé, le mieux répartis possible en Wallonie en fonction des différentes régions géographiques et des grands types d'habitats. Ils se répartissent de mars à début juin de manière à contacter les différentes espèces au meilleur moment.

    La mise en évidence des tendances se fait grâce à la répétition des mêmes relevés de 5’ au cours d’année successives. Une collaboration prolongée est donc souhaitée. Afin de ne pas représenter une charge excessive pour chaque collaborateur, seul un effort limité (1-2 « routes » de 15 points) est demandé à chacun.

    Collaborer ?

    Toute personne intéressée peut rejoindre le projet : il suffit de contacter la coordination. La contribution annuelle peut se limiter à effectuer un parcours de 15 points de 5’ choisis librement, par exemple dans son triage pour un agent de la DNF. La seule condition est une assez bonne connaissance des espèces communes, entre autres de leur chant ou de certaines manifestations (tambourinages des pics par exemple).

    Pour plus d’informations (présentation détaillée, résultats) voir www.aves.be
    ou http://old.biodiversite.wallonie.be/especes/home.html/oiseaux

    Coordinateur du projet : Jean-Paul Jacob, 7 rue Janquart, 5081 Meux, tél. 081.569169, mail jp-jacob@yucom.be


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    Pour tout renseignement sur ce document : jp-jacob@yucom.be