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Enquête "Sites de Grand Intérêt Biologique" (SGIB)


- 30/09/2004 8:47:42 - MRW/DGRNE/OFFH Auteurs: Jean-Yves Baugnée/ Réalisation : Violaine FICHEFET


1. Introduction

Les habitats naturels ont pratiquement disparu du paysage wallon depuis maintenant quelques siècles. Les habitats qui subsistent à l’heure actuelle sont qualifiés de « semi-naturels », c’est-à-dire qu’ils sont issus d’une manière ou d’une autre de l’action humaine. Celle-ci a évidemment évolué selon les époques et les régions, en fonction de la démographie, du contexte économique, etc. Malgré que leurs effets ont souvent été négatifs, notamment sur le plan de la biodiversité (disparition d’espèces comme le bison, …), quelques unes de ces activités ont néanmoins conduit à l’apparition de milieux particuliers d’une grande richesse floristique et faunistique : citons entre autres certaines biocénoses prairiales, d’origine agropastorale, dont les exemples les plus démonstratifs sont sans doute les prairies de fauche et les pelouses calcicoles.

A notre époque où l’emprise humaine sur l’environnement est de plus en plus grande et pressante, divers inventaires (ISIWAL, Natura 2000, …) menés ces dernières années en Région wallonne ont permis de reconnaître de nombreux sites semi-naturels d’intérêt biologique. Si une partie de ceux-ci bénéficie d’un statut de protection (réserve naturelle, site classé…), beaucoup sont toutefois menacés d’une manière ou d’une autre, tandis que bien d’autres sites potentiellement intéressants restent méconnus ou n’ont pas encore été décrits. Photo pelouse calcicole: © Philippe Goffart / Photo argilières de Romedenne © Yvan Barbier

2. Objectif

L’inventaire des Sites de Grand Intérêt Biologique (SGIB) a surtout été alimenté, jusqu’à présent, par les données des naturalistes, notamment dans le cadre de groupes de travail (Papillons, Orchidées, par ex.). Le but de la présente enquête est d’encourager la démarche de reconnaissance de ces sites par les agents DNF au sein de leur triage et de recueillir des informations précises sur les habitats et les espèces intéressantes.

Un SGIB peut couvrir de quelques ares à plusieurs dizaines d’hectares selon le cas. Il sera généralement identifié sur base de la présence d’habitats rares ou menacés et/ou d’espèces protégées ou menacées. L’information recherchée recouvre donc largement les objectifs des autres enquêtes (Habitats forestiers, Plantes, …).

3. Quelques exemples

La notion de « Site de Grand Intérêt Biologique » varie d’une région à l’autre. Ainsi, en Hesbaye, les SGIB sont le plus souvent de petite dimension et isolés dans un paysage très ouvert et banalisé. Cela s’explique par l’extrême fragmentation des habitats due à l’agriculture intensive qui y a court depuis plusieurs siècles. Il peut s’agir d’une mare dans une pâture, un chemin creux, un bois, … pour autant que ces sites renferment soit des habitats, soit des espèces protégées, menacées ou intéressantes à l’échelle régionale.
A contrario, dans une région qui a été exploitée plus extensivement et où le réseau écologique a été mieux préservé, comme la Famenne, les sites ont généralement une étendue plus importante et sont moins isolés. Leur composition en sera d’autant plus complexe en matière d’habitats. Les cas extrêmes sont constitués par les camps militaires, comme celui de Lagland, dont la surface peut couvrir jusqu’à 3000 ha d’un seul tenant ! Photos talus rocheux et camp militaire (Elsenborn): © Philippe Goffart / mare: © Violaine Fichefet

A titre indicatif, voici quelques exemples et situations pouvant conduire à la reconnaissance d’un SGIB :

- Habitat forestier particulier, peu exploité : forêt alluviale, érablière ou frênaie de ravin, hêtraie calcicole à orchidées, etc. (cf. enquête « Habitats clés en forêts ») ;
- Mare ou complexe de mares à eau non polluée et riche en végétation aquatique ;
- Carrière ou sablière désaffectée ou en activité (Nota : les sites abandonnées ont déjà fait l’objet d’un inventaire par Mme A. Remacle).
- Prairie de fauche non/peu amendée à floraisons diversifiées, avec présence éventuelle d’orchidées, du colchique, etc. ;
- Bras mort ou noue de rivière ;
- Lande à bruyères, tourbière et biotopes annexes ;
- Pelouse calcicole, friche thermophile (sur terril, ancienne voie ferrée, …)
- Etc. Photo : © Etienne Branquart

4. En pratique …

Si l’on croit avoir reconnu un site de grand intérêt biologique, il faut vérifier, dans un premier temps, s’il ne bénéficie pas déjà d’un statut de protection ou d’une reconnaissance en recherchant la fiche descriptive sur le serveur SIBW. Si la recherche est négative, votre site se présente donc comme un candidat potentiel pour enrichir l’inventaire SGIB.

Dans ce cas, l’idéal serait de réunir une information minimale sur le site en question, information qui comprendra au moins :

- Les coordonnées géographiques précises (Lambert, de préférence) et/ou un extrait de carte (1:10000 ou 1:20000) avec la délimitation du site ;
- Les noms de la nouvelle commune et de l’ancienne commune ;
- Le cantonnement ;
- Le ou les habitats reconnus sur le site ;
- La ou les espèces protégées ou rares observées sur le site ;

Tout autre renseignement est évidemment le bienvenu, tel que le relevé des parcelles cadastrales, l’historique du site, le type d’exploitation actuel, les menaces éventuelles, etc.

Sur base de ces informations, nous pourrons programmer, le cas échéant, une visite commune sur le terrain en vue de valider les contours du SGIB ainsi que la représentation des habitats.



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Pour tout renseignement sur ce document : jybaugnee@hotmail.com