Méthodes d'analyse des données écologiques et biogéographiques

11/05/03 - © M. Dufrêne

Critères d'évaluation de la qualité d'un jeu de données biogéographiques

Comme les bases de données biogéographiques sont continuellement en cours de mise-à-jour, l'une des questions essentielles est de savoir quand est-ce qu'un jeu de données est suffisamment complet ou des cartes de distribution sont suffisamment remplies pour être analysées. La réponse est simple mais difficile à vérifier : quand l'information dont on dispose est représentative de la distribution des espèces étudiées dans la région considérée, on peut procéder à l'analyse.

On propose toutefois d'utiliser un critère simple à mettre en oeuvre pour en avoir une première idée. Pour un groupe biologique donné, on s'attend à ce que la distribution de la richesse en espèces suive une courbe normale lorsque la zone biogéographique étudiée est relativement homogène.

Certains OGUs sont très riches en espèces, d'autres plutôt pauvres mais la majorité des OGUs ont une richesse similaire. Lorsqu'on commence à effectuer un échantillonnage dans une telle région, on obtient un patron de distribution de la richesse en espèces fort différent. Généralement, on a quelques OGUs bien échantillonnés, avec un grand nombre d'espèces et de nombreux autres, mal échantillonnés et avec très peu d'espèces. La courbe est alors totalement dissymétrique, avec un grand pic de OGUs pauvres en espèces et une décroissance rapide du nombre d'OGUs dès que la richesse augmente.

Si l'échantillonnage s'intensifie, de plus en plus d'OGUs commencent à acquérir de plus en plus d'espèces. Ces OGUs glissent vers la droite de la distribution conduisant à la découverte progressive d'une courbe de distribution normale.

Les exemples présentés (Papillons, Libellules et Carabides en Grande-Bretagne) révèlent les différences de qualité d'échantillonnage entre les différents groupes et l'importance de l'homogénéité de la zone étudiée. Le cas des Papillons et des Libellules indique que la Grande-Bretagne doit être découpée en deux régions, par un trait horizontal situé à hauteur de Manchester, pour bien visualiser l'unimodalité de la distribution de la richesse en espèce par OGU (carré de 10 kilomètres de côté). Ces deux régions sont en effet caractérisées par des conditions écologiques différentes et donc des assemblages espèces différents.

Home